21 mars 2014 Théâtre

Une Femme

Philippe Minyana s’est toujours intéressé aux lieux de l’intimité, non comme des espaces clos, mais comme caisses de résonance du monde. Dans cette pièce écrite pour Catherine Hiegel et Marcial Di Fonzo Bo, une femme, Élisabeth, est malade dans une chambre, peut-être tout près de la mort…

Texte de Philippe Minyana
Mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo

Au Théâtre de la Colline, Paris
Du 20 mars au 17 avril
Création 2014

Avec Marc Bertin, Raoul Fernandez, Catherine Hiegel, Helena Noguerra, Laurent Poitrenaux.

« On ne peut affronter le monde sans une voix amie. »

Combattre les souvenirs et le Temps qui passe
La mémoire d’Élisabeth voyage, vagabonde dans les labyrinthes du passé, et cette chambre où une veilleuse vient la soulager, l’aimer, se démultiplie en une infinité d’autres chambres où sa vie s’est vécue. Le temps se disloque, et Élisabeth finit par arriver dans une forêt où les souvenirs l’assaillent comme des fantômes : son père mourant, une amie, ses enfants, son mari, ses parents plus jeunes…
Les souvenirs peuvent gâcher la vie ; le Temps, infatigable et qui fait son travail, nous vainc.

Allégories du chagrin et de l’humanité
Cette Femme, qui va de chambre en chambre, au chevet des siens, n’est-elle pas l’allégorie du chagrin ? Cette Femme, c’est l’humanité toute entière. Mais quelqu’un veille sur elle, la protège et l’aime. C’est la veilleuse, qui la console, lui offre un livre, qui la fait se lever et affronter la forêt profonde. Épopée intime, conte cruel.
Le Théâtre sera toujours le lieu de la Tragédie, du Drame, du sublime et du grotesque. Par le prisme des personnages, on veut représenter le Monde, sa folie, sa beauté. La littérature théâtrale de doit-elle pas nous enseigner, nous révéler, nous rendre attentifs, nous rendre témoins ?

Une scénographie à l’image de la vie
On retient de ce spectacle la mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo qui oscille entre harmoniques funèbres et scènes cocasses, un univers très poétique et musical, une scénographie parlante, avec de grands arbres qui peuplent la pièce et chutent au fur et à mesure, l’effet vidéo projeté sur un voile en avant-scène qui figure la forêt et le mouvement des personnages, les portes et fenêtres qui s’ouvrent et se ferment comme comme des trappes à souvenirs, et le très bon jeu des comédiens : Catherine Hiegel en Femme, Laurent Poitrenaux en vieillard, Helena Noguerra en amie, Raoul Fernandez dans le rôle de la veilleuse.

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