16 mars 2014 Films

The Grand Budapest Hotel

La nouvelle et truculente comédie du cinéaste américain Wes Anderson se pare d’un voile de gravité, son intrigue se situant en Europe centrale dans l’entre-deux guerres, inspirée par les œuvres de l’écrivain autrichien Stefan Zweig… L’esthétique romanesque, les gags à la chaîne et personnages hauts en couleur donnent à cet opus des allures de thriller burlesque endiablé.

Film de Wes Anderson
Sortie en salles en France le 26 février 2014

Avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, Fahrid Murray Abraham, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jude Law, Bill Muray, Saoirse Ronan, Léa Seydoux, Tilda Swinton, Owen Wilson…

En 1968
Un écrivain en villégiature au Grand Budapest Hotel, ancien établissement prestigieux tombé en désuétude, est intrigué par un personnage apparemment esseulé, M. Zero Moustafa, propriétaire de l’hôtel ; ce dernier constate la curiosité de l’auteur et l’invite à dîner pour lui conter son histoire.

En 1932
Plusieurs décennies auparavant, à l’époque de sa splendeur, l’établissement est un palace sur lequel règne le distingué concierge M. Gustave. Il veille à ce que les désirs des hôtes de marque soient satisfaits, avant même qu’ils les expriment. Respecté par les employés, il est également très prisé par les veuves âgées dont il s’assure la clientèle fidèle, saison après saison.
L’une d’entre elles, Mme D., décide même de compter M. Gustave dans son testament… Pendant l’entre-deux guerres, M. Gustave et son jeune protégé, le groom Zero Moustafa, se retrouvent impliqués dans une histoire mêlant le vol d’un tableau de la Renaissance (Le « Garçon à la pomme »), la bataille pour une énorme fortune familiale, et le lent puis soudain bouleversement qui transforme l’Europe en cette première moitié de XXe siècle. Alors que la menace nazie s’étend sur l’Europe, M. Gustave est le témoin d’un monde qui s’apprête à disparaître et tente de transmettre une part de son histoire à son jeune assistant.

Trois raisons d’aller voir ce thriller tragi-comique endiablé :

1) Pour son esthétique pittoresque : 
Les différents formats de projection selon les époques (standard, anamorphosé et panoramique), les décors (la montage en altitude, l’hôtel de style Art nouveau), la représentation d’une époque traversée par l’Histoire, le souffle de littérature qui anime les paroles des personnages.

2) Pour le cocktail d’émotions qui secoue le film tous azimuts :
L’enchaînement des scènes d’action burlesque (la poursuite à ski réalisée en stop-motion), d’humour (l’épisode du monastère), d’émotion (l’histoire d’amour entre les jeunes Zero et Agatha, l’amitié fidèle entre M. Gustave et Zero)

3) Pour la galerie de personnages hauts en couleur qui incarnent l’esprit Anderson :
Intelligents et vifs d’esprit (M. Gustave, Zero), patibulaires (Willem Dafoe transformé en tueur psychopathe), émouvants (la talentueuse patissière Agatha), morbides (les vieilles amantes de M. Gustave), toujours tout en nuances et au bord de la drôlerie.

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