18 novembre 2014 Opéra

Mimi

Hâte de retrouver ce soir sur la scène des Bouffes du Nord les personnages de La Bohème de Puccini ! Le compositeur Frédéric Verrières, le librettiste Bastien Gallet et le metteur en scène Guillaume Vincent proposent un défi passionnant : une version moderne de ce mythique opéra du XIXe siècle.

Mimi – Scènes de la vie de Bohème
Librement inspiré de La Bohème de Giacomo Puccini (1895)

Musique de Frédéric Verrières
Livret de Bastien Gallet
Mise en scène de Guillaume Vincent
Direction musicale Jean Deroyer

Au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris
Du 18 au 26 novembre 2014
Création

Avec Robin Meier (réalisation informatique musicale Ircam), Judith Fa, Camelia Jordana, l’Ensemble Court-circuit.

« J’écris de la musique comme un photographe règle sa focale. Je commence par choisir un modèle, en l’occurrence l’opéra de Puccini. Pendant le déroulement dramaturgique, tantôt je « fais le point » c’est à dire que je laisse entendre de manière reconnaissable la musique source, tantôt j’évolue jusqu’au flou, jusqu’au délire fantasmagorique et alors la musique de Puccini est absorbée par ma propre écriture. » Frédéric Verrières

Camelia Jordana © Claude Gassian

Camelia Jordana © Claude Gassian

« Le désir est fort de travailler cette fois sur une oeuvre unique et d’interroger, aujourd’hui, La Bohème de Puccini. Il y est question de l’art, de pauvreté mais aussi et surtout d’amour. L’amour sous toutes ses formes, chacun des personnages embrasse une vision de l’amour qui lui est propre, l’amour jaloux, l’amour idéaliste, l’amour malade, l’amour vénal… On peut trouver ici ou là des échos au Manque de Sarah Kane. Ce que nous voudrions faire ce n’est pas une transposition de La Bohème, mais c’est l’arracher
au XIXème pour la faire résonner ici et maintenant. » Guillaume Vincent

mimi

Visuel du spectacle Mimi aux Bouffes du Nord

« Il n’est pas question d’adapter La Bohème, encore moins d’en transposer l’argument ou
l’intrigue de nos jours. Il s’agirait plutôt de l’apprivoiser, de chercher le bon angle, la bonne
distance, en un mot de tâtonner. Il nous semble impossible de « refaire » La Bohème sans
raconter ce tâtonnement, l’histoire d’une relation qui ne sait pas précisément ce qu’elle cherche ni même ce à quoi elle se relie. Il faudra donc s’approcher et s’éloigner, être dedans comme si on y avait toujours été et dehors comme si La Bohème était à jamais inaccessible. Entre ces deux points de vue se dessinera une autre Bohème, présente et lointaine à la fois, étrange et familière, mais qui nous serait contemporaine. Une Bohème qui devient Mimi, prenant le nom de son personnage principal, tournant autour du mystère qu’elle recèle.
Mimi sera double, du rêve et de la vie, celle de Puccini et celle qu’on rencontre, la Mimi de
l’opéra et une Mimi réelle qui pourrait être notre contemporaine. Celle que Rodolphe désire est l’une et l’autre, réelle et rêvée à la fois. Il rêve – ou fantasme on ne sait – de la première au début du premier acte et rencontre la seconde peu après sans d’abord la reconnaître. Elles ne se ressemblent pas, n’ont pas la même voix et Rodolphe est pris dans ce jeu qui est aussi notre jeu. Ce projet s’inscrit dans la continuité de The Second Woman, opéra dans lequel nous reprenions, déjà, des « moments » du répertoire lyrique. Il s’agissait alors d’explorer la mémoire consciente et inconsciente d’une cantatrice vieillissante. Le répertoire était un moyen. Dans Mimi il devient une fin et la mémoire est ici collective, partagée : impossible de « reprendre » l’opéra de Puccini sans reprendre aussi la mythologie qu’il a créée. » Bastien Gallet

© 2018 Caro dans le métro - Création : SendesaStudio