25 novembre 2014 Films

Magic in the moonlight

Notre cher Woody signe dans son dernier film un joli tour de magie, élégant et raffiné, truculent et so british : Colin Firth en magicien sceptique traque l’imposture d’une prétendue medium, la non moins ravissante Emma Stone, dont il finit par tomber sous le charme. Au parfum d’enquête à la Agatha Christie, sans jamais verser dans le roman policier, l’histoire se transforme sous nos yeux en conte de fées des temps modernes.

Un film de Woody Allen
Sortie en salles en France le 22 octobre 2015

Avec Colin Firth, Emma Stone

Magic in the moonlight

Magic in the moonlight

Les lignes suivantes s’inspirent du texte de présentation trouvé sur le site AlloCiné.fr.

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Woody fait mouche avec une ambiance rétro très tendance. Retour dans les années 30, demeures superbes, familles aisées et toilettes féminines élégantes qui font rêver. Les personnages évoluent dans les féériques paysages de Provence, un décor carte postale parfait pour notre sujet sur les jeux de l’apparence et ses travers. Les dialogues et réparties, savamment orchestrés, toujours teintés d’humour voire franchement mordants, abordent les problématiques de l’illusion, du mensonge et de la manipulation, de l’amour, et de la mort, du hasard et de la destinée, autant de thèmes chers à notre réalisateur américain, servis sur un plateau d’argent grâce au thème de la magie. Décors, costumes, accessoires et personnages rendent tous hommage à une époque révolue, le tout accompagné d’une bande son jazzy qui rythme allègrement le récit.

On découvre avec plaisir une nouvelle facette du talent de Colin Firth qui s’essaie à la comédie dans un rôle de misanthrope bougon et plein de mépris. À ses côtés, la charmante, pour ne pas dire ensorcelante, Emma Stone est tout aussi convaincante. Candide et adorable sous ses chapeaux cloche abondamment fleuris. Tous deux forment un irrésistible couple de cinéma. Le reste du casting est tout aussi remarquable avec notamment la merveilleuse Eileen Atkins.

Avec un happy end presque surprenant – le tour de magie est décidément très fort quand l’inatteignable magicien transforme aussi vite que l’éclair sa causticité dominante en amour attendrissant – on pourrait reprocher la rapidité du retournement de situation et le manque de réalisme avoisinant la romance à l’eau de rose. On se lasse aussi quelque peu de retrouver le même casting dans les films de Woody : une société aisée, bourgeoise-bohème, que le réalisateur critique légèrement et qu’il tire toujours d’affaire. Cette morne bienveillance à l’égard d’un milieu vivant si facilement le conte de fées a tendance à exclure le spectateur lambda et finit par agacer.

Sous le couvert de la légèreté, ce dernier film déploie, sans grande surprise toutefois, les artifices de la magie et d’une époque idyllique qui nous font savourer un doux moment de cinéma.

© 2018 Caro dans le métro - Création : SendesaStudio