12 février 2013 Pièces de théâtre

Les Criminels

Vie et destin des occupants d’un immeuble dont la façade serait soudain devenue transparente. Se dévoile alors l’intimité d’une microsociété hiérarchisée socialement mais unifiée par deux centres d’intérêt : le sexe et l’argent.

Texte de Ferdinand Bruckner
Mise en scène de Richard Brunel

Théâtre national de la Colline, Paris
Du 8 février au 2 mars 2013

Drames

Les Criminels © Jean-Louis Fernandez

Les Criminels © Jean-Louis Fernandez

Longtemps avant Perec et sa Vie mode d’emploi, Ferdinand Bruckner, contemporain de Brecht et ami d’Horváth, eut l’idée de faire d’un immeuble tout entier le sujet d’un drame. Écrit en 1929, Les Criminels dévoilent d’étage en étage l’intimité d’une microsociété en proie aux convulsions de l’Allemagne de Weimar.

Dans un étonnant jeu de simultanéité, se découvrent des « crimes » en tous genres : un maître chanteur menace de dénoncer un jeune homosexuel, une étudiante désargentée porte un enfant qu’elle donnera à une autre femme, une cuisinière jalouse est sur le point d’assassiner la maîtresse de son compagnon, les enfants d’une veuve démunie tombent dans la corruption… Derrière un vernis social qui s’écaille facilement, on découvre les mêmes médiocrités, les mêmes lâchetés. Elles conduisent à la transgression de la loi et à la criminalité, sous des formes variées : atteinte aux mœurs, vol, crime.

Le tribunal

Le tribunal © Jean-Louis Fernandez

Le tribunal © Jean-Louis Fernandez

Dans l’acte II, Bruckner transporte sa pièce au tribunal, où quatre procès en parallèle fouillent la vie privée : au spectateur d’en apprécier la justice et de constater les différences dans le traitement des affaires…

Le troisième acte enfin lève le rideau sur l’état de l’immeuble après ce cataclysme judiciaire. Tout a profondément changé, une nouvelle génération est propriétaire des lieux, assumant sans vergogne son pouvoir et ses valeurs.

On redécouvre aujourd’hui cet auteur passionné d’actualité, curieux de psychanalyse, dont le théâtre inventif déclencha en son temps polémiques et enthousiasme. Richard Brunel s’empare avec seize acteurs de ce fourmillement humain en temps de crise. Dans son spectacle incisif, la profondeur des enjeux intimes s’affronte de plein fouet aux normes rigides d’une société en chute libre.


Assistante à la mise en scène : Caroline Guiela Nguyen
Collaboration artistique : Thierry Thieû Niang
Avec : Cécile Bournay, Angélique Clairand, Clément Clavel, Murielle Colvez, Claude Duparfait, François Font, Mathieu Genet, Marie Kauffmann, Martin Kipfer, Valérie Larroque, Sava  Lolov, Claire Rappin, Laurence Roy, Thibault Vinçon

© 2018 Caro dans le métro - Création : SendesaStudio