27 juillet 2014 Films

Jimmy’s Hall

Présenté en compétition au Festival de Cannes cette année, Jimmy’s Hall serait, selon les rumeurs, le dernier film de Ken Loach… Sans atteindre avec autant de brio le poignant réalisme social de ses chefs-d’œuvre passés, le réalisateur britannique de 78 ans nous porte pourtant avec aisance en terre d’Irlande, en 1932…

Film de Ken Loach
Sortie en salles en France le 2 juillet 2014

Jimmy's Hall de Ken Loach

Jimmy’s Hall de Ken Loach

L’histoire
Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter.
À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Irlande, opus 2
Déjà dans Le Vent se lève, qui avait reçu la Palme d’or en 2006, Ken Loach prenait pour cadre les terres irlandaises. Dans Jimmy’s Hall, le cinéaste évoque de nouveau le conflit irlandais dans les années 20 et 30, les deux œuvres étant complémentaires sur le plan historique. L’État libre d’Irlande est en place depuis dix ans et il est intéressant de voir qui détient le pouvoir à présent.

Histoire vraie
Pour Jimmy’s Hall, le réalisateur britannique s’est inspiré de la pièce Jimmy’s Gralton’s Dancehall écrite par Donal O’Kelly, et qui revient sur l’histoire mouvementée de Jimmy Gralton, un activiste communiste irlandais qui a pris la nationalité américaine en 1909. Il retourne sur sa terre natale en 1921 pour y ouvrir un dancing dans le comté de Leitrim. Il se fera finalement déporter aux Etats-Unis en 1933, le seul à avoir été expulsé de son propre pays sans procès.
Si le Pearse-Connolly Hall, ce foyer ouvert à tous les Irlandais qui s’y rendaient pour danser, étudier, ou discuter dans les années 20, a été détruit le 31 décembre 1932, on peut y trouver aujourd’hui un panneau en bois rappelant l’existence de cette maison de quartier pensée par Jimmy Gralton.

Anecdotes artistiques
Des comédiens locaux. Des acteurs professionnels irlandais qui vivaient dans les alentours du comté de Leitrim ont été recrutés pour le film, car le sentiment d’appartenance régionale était une dimension fondamentale à dégager.
Cours de danse. Pour apprendre les pas de danse du Lindy Hop (danse acrobatique) et du Step Dancing (danse traditionnelle irlandaise), les acteurs de Jimmy’s Hall ont répété pendant quatre semaines à Londres, puis se sont rendus en Irlande pour tourner les scènes de danse en question. Si l’acteur qui incarne Jimmy était un piètre danseur (Barry Ward), sa partenaire dans le film qui joue Oonagh (Simone Kirby) avait pratiqué la danse étant petite et s’est vite remise dans le bain…

Ce film, rural et musical, fraternel et engagé, drame historique conçu avec réalisme, justesse et émotion, clôture logiquement et en douceur la trajectoire cinématographique d’un réalisateur à la philosophie toujours aussi humaniste.

© 2018 Caro dans le métro - Création : SendesaStudio