18 mars 2015 Concerts

Les pépites d’Asaf Avidan

La désormais très reconnaissable voix androgyne du bel israélien Asaf Avidan vient hanter, plus ardente et fragile que jamais, son dernier opus en date, Gold Shadow.


Gold Shadow
Album d’Asaf Avidan

Sortie en janvier 2015, label Telmavar Records
En concert le 18 mars 2015, au Zénith de Paris

Tout en introspection, cet album de la séparation, où l’artiste dévoile des blessures encore fraîches, recèle de pépites, entre textes poétiques et compositions blues raffinées.

Mine d’or.
Si son premier album Different Pulses avait déjà placé la barre très haut en 2013, Gold Shadow le dépasse en de nombreux points et avant tout grâce à une union bluffante des contraires : écriture approfondie sur la complexité et les paradoxes des relations humaines, diversité musicale hypnotisante du blues au rock, travail bluffant de sa voix unique entre rugosité et douceur, entre maîtrise et lâcher-prise, entre hauteur et gravité.

Asaf Avidan © Guillaume Petit

Asaf Avidan © Guillaume Petit

Panthéon musical.
A l’écoute de Gold Shadow, on songe au blues de Bob Dylan, aux envolées brûlantes de Janis Joplin, aux complaintes d’Amy Winehouse ou au reggae berçant de Bob Marley ; l’album reprend les codes du blues et du jazz vocal, rappelle l’ampleur des grandes musiques de films… Une bande-son originale, dont la richesse des influences personnalise et dévoile d’autant mieux l’univers d’Asaf ; une bande-son qui nous plonge au cœur d’une histoire intime, comme une musique qui accompagnerait un long-métrage : Asaf Avidan est aussi bien conteur que chanteur.

Bête de scène !
Ce mercredi 18 mars au Zénith de la Villette, Asaf Avidan donnait généreusement de sa présence, accompagné de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres, alternant interventions fougueuses et instants plus intimes. Un artiste qui a le sens de la théâtralité, mais aussi de la mesure.

Un album riche et marquant à écouter en boucle. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, Asaf Avidan a su explorer et réécrire sa douleur pour mieux la magnifier. Une discographie encore jeune à suivre sans nul doute.

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