7 novembre 2021 Exposition

« Cerisiers en fleurs », ou le sacre du printemps, par Damien Hirst

Si vous avez la nostalgie du printemps, faites un tour à la Fondation Cartier pour admirer la série de cerisiers en fleurs peints par Damien Hirst. Les couleurs joyeuses de ces arbres en éclosion sur des toiles monumentales proposent tout simplement une expérience délicieuse de contemplation et d’immersion dans la peinture.

« Cerisiers en fleurs » de Damien Hirst
Du 6 juillet 2021 au 2 janvier 2022
Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris

L’exposition présente 30 tableaux choisis par l’artiste, parmi la série de 107 toiles qu’il a mis trois années entières à réaliser. Toutes de très grand format, elles sont mises en espace de manière sobre et sans commentaires, afin de laisser le public libre de déambuler à son rythme.

The Triumph of Death Blossom © Damien Hirst

Le visiteur entre dans l’exposition comme dans un verger, saisi par l’étonnante sensation d’être entouré de floraisons picturales grandeur nature. Les cerisiers se succèdent, se ressemblent, mais ne sont jamais les mêmes. La technique des points de couleur reproduits en multitude pour représenter les fleurs, les branches marron foncé qui émergent, la présence de feuilles ça et là, sont les motifs récurrents de chaque ouvrage. Mais la disposition des éléments n’est jamais la même : certains arbres sont plus fournis au point que les branches sont complètement recouvertes, d’autres plus équilibrés ou clairsemés. La palette de couleurs chante et s’agence différemment d’une toile à une autre, pour présenter des déclinaisons de roses magnifiques du pastel ou fuschia, des bleus ciel ou électrique, des touches de rouge, de parme, de vert, de jaune et de blanc. Chaque toile à sa manière est une ode au printemps, évoquant l’incroyable et éphémère beauté d’un arbre en fleurs dans un ciel sans nuage. L’exposition nous parle de désir, de naissance et de vie, mais aussi de la fugacité du temps qui passe et de la mort inéluctable, comme un appel à faire un arrêt sur images et savourer pleinement le moment présent.

The Triumph of Death Blossom © Damien Hirst à la Fondation Cartier

Si l’on s’approche plus près des toiles, on perd la logique de l’arborescence pour entrer dans le détail de la peinture : les points qui représentent les fleurs sont des empâtements assez grossiers de matière, qui se juxtaposent et se superposent sans cohérence visible.

Pour reprendre les termes de Damien Hirst, ses toiles sont : « excessives, presque vulgaires, tape-à-l’œil, désordonnées et fragiles, et grâce à elles, il s’est éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural. »

Cerisiers en fleurs s’inscrit dans la lignée des recherches picturales qu’il mène depuis le début de sa carrière sur la couleur et le geste artistique. Il réinterprète ici le sujet traditionnel et populaire de la peinture de paysage, mais aussi les grands mouvements de la fin des XIXe et XXe siècles : impressionnisme, pointillisme et action painting.

Damien Hirst

Né en 1965 à Bristol au Royaume-Uni, Damien Hirst s’installe à Londres en 1984 où il vit encore aujourd’hui. Travaillant aussi bien la sculpture que l’installation, la peinture et le dessin, l’artiste explore dans ses œuvres les thématiques liées à la vie et à la mort, à l’excès et à la fragilité. Si la sculpture – en particulier la série Natural History – lui vaut une importante notoriété à ses débuts, la peinture a toujours été essentielle pour lui :

« J’ai toujours été un grand amoureux de la peinture et pourtant j’ai constamment cherché à m’en éloigner. En tant que jeune artiste, on est nécessairement influencé par les tendances du moment, et dans les années 1980, la peinture n’était pas dans l’air du temps. »

Natural History, 1991 © Damien Hirst

Pour les enfants, la Fondation Cartier a pensé à tout : des médiateurs proposent de dessiner à la manière de Damien Hirst autour d’une grande table dans la salle d’exposition du bas. Larges feuilles à dessins, feutres et tampons de couleurs jonchent joyeusement la table. Les médiateurs prennent en chargent les enfants, tandis que les parents peuvent s’éloigner un peu. De quoi trouver son bonheur, pour les petits comme pour les grands.

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