30 janvier 2014 Films

12 Years a Slave

Le cinéaste britannique Steve McQueen porte aujourd’hui à l’écran le douloureux sujet de l’esclavage, avec l’adaptation d’un récit autobiographique publié aux États-Unis en 1853. L’histoire d’un Noir américain de l’époque, qui vit libre au nord des États-Unis, et qui, du jour au lendemain voit sa vie basculer, alors qu’il est enlevé et vendu comme esclave. 

Film de Steve McQueen
Sortie en salles en France le 22 janvier 2014

Avec Chiwetel Ejiofor (Solomon Northup), Michael Fassbender, Lupita Nyong’o, Brad Pitt…

Au cœur de la réalité

L'affiche du film

L’affiche du film

Après avoir brillé en tant que plasticien, notamment dans le domaine des installations vidéo, Steve McQueen passe derrière la caméra avec brio. Le réalisateur s’attaque à des sujets ambitieux et d’actualité, chargés de vérité et de souffrance, montrant d’emblée une maîtrise de la caméra rigoureuse et impressionnante, sans craindre les diktats des codes cinématographiques d’Hollywood. Avec Hunger en 2008, il relate la grève de la faim d’un membre de l’IRA ; avec Shame en 2011, il traite de l’addiction maladive à la pornographie.

Aujourd’hui, il porte à l’écran le douloureux sujet de l’esclavage, adaptation d’un récit autobiographique publié aux États-Unis en 1853.

Une histoire de l’esclavage

Chiwetel Ejiofor

Chiwetel Ejiofor interprète Solomon Northup

Le Noir américain Solomon Northup, qui vit libre au nord des États-Unis, voit du jour au lendemain sa vie basculer, puisqu’il est enlevé et vendu comme esclave. L’injustice est d’autant plus ressentie par le spectateur qui s’identifie au protagoniste dans sa situation première, c’est-à-dire en tant qu’homme libre. Au-delà de la situation individuelle de Solomon, et à travers ses yeux, le film est une reconstitution historique et très réaliste des situations inhumaines subies à cette époque par les esclaves.

Comme le souligne justement McQueen, ce récit est tombé dans l’oubli aux États-Unis, alors qu’il est l’équivalent, dans l’histoire de l’Amérique, du Journal d’Anne Frank… Ironie, tragédie du sort : les deux guerres mondiales auront duré chacune une poignée d’années, contre quatre cent ans d’esclavage…

Un changement dans les mentalités ?

12 Years a Slave

12 Years a Slave

12 years a Slave arrive après Le Majordome (de Lee Daniels, sortie en salles en France le 11 septembre 2013), et bien d’autres films signés par des cinéastes noirs abordant la question des discriminations raciales, mais aussi Django Unchained de Quentin Tarantino en 2013 ou La Couleur des sentiments de Tate Taylor en 2011. Le signe d’un vrai changement ? « On ne peut mésestimer dans ce phénomène, le rôle du président Obama. Avec ce président noir, une autre perspective est apparue, le droit à une expression nouvelle a été donné […] Il y a encore beaucoup de films à faire sur l’esclavage » conclut Steve McQueen.

Alors que les commémorations en l’honneur de Nelson Mandela se terminent à peine, et que l’esclavage perdure dans le monde sous diverses formes, faisons effectivement en sorte que le débat soit toujours relancé dans nos sociétés, et que ni notre vigilance ne s’endorme, ni notre conscience ne ferme les yeux.

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